Plusieurs micro entreprise : la seule méthode légale

L’essentiel à retenir : la création de plusieurs micro-entreprises est impossible pour une même personne physique, limitée à une seule entreprise individuelle. La solution réside dans le cumul d’activités distinctes sous un unique numéro SIREN. Cette option permet de diversifier les sources de revenus légalement, à condition de respecter les plafonds globaux de chiffre d’affaires qui ne s’additionnent pas.

Plusieurs micro-entreprises : la réponse est non, et voici pourquoi

Tu as une nouvelle idée de business en tête, mais tu te demandes si tu as le droit de créer plusieurs micro entreprise pour distinguer tes revenus ? Mauvaise nouvelle : la loi t’interdit d’avoir deux numéros SIREN, mais elle te permet heureusement de cumuler autant d’activités que tu le souhaites sous la même bannière. Voici le mode d’emploi complet pour développer tes projets légalement sans te noyer dans la paperasse ni alerter l’administration fiscale.

  • ❌ Stop ! Inutile de chercher une faille : une même personne ne peut pas posséder deux micro-entreprises distinctes.
  • 📜 La règle d’or : Un seul numéro SIREN par personne physique, peu importe le nombre de projets lancés.
  • ⚠️ Attention danger : Contourner le système expose à un redressement fiscal salé et à une radiation immédiate.

Le principe : une personne, une entreprise individuelle

Soyons directs : à la question peut-on avoir plusieurs micro entreprise, la réponse est non. La raison est légale. Une personne physique ne peut détenir qu’une seule entreprise individuelle (EI) à son nom.

Illustration d'un entrepreneur face à l'impossibilité légale de créer deux micro-entreprises distinctes

Ne confondez pas tout. La micro-entreprise n’est pas une forme juridique, mais un régime fiscal et social simplifié rattaché à une entreprise individuelle. Avoir deux micro-entreprises reviendrait à posséder deux entreprises individuelles, ce qui est strictement interdit.

Tout repose sur votre identification. L’INSEE attribue à chaque personne un seul numéro SIREN. Ce numéro unique centralise toute votre activité d’indépendant, peu importe le nombre de métiers que vous exercez.

La fausse bonne idée : contourner la règle

Certains tentent de ruser en créant une seconde structure avec des informations légèrement modifiées. C’est une très mauvaise idée. Les systèmes de l’administration croisent les données et repèrent vite ces anomalies.

Une personne physique ne peut être à la tête que d’une seule entreprise individuelle. Le statut de micro-entrepreneur est un régime simplifié, pas une entité juridique distincte.

Les conséquences sont lourdes. L’administration fiscale et l’URSSAF finissent toujours par s’en apercevoir. Vous risquez un redressement fiscal, des pénalités et la radiation pure et simple. Bref, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

La vraie solution : cumuler plusieurs activités

Oubliez l’idée de multiplier les structures juridiques, c’est une impasse administrative. La loi est formelle : vous ne pouvez pas posséder plusieurs micro entreprise, mais vous avez le droit de d’exercer plusieurs activités au sein de votre unique structure.

C’est là que ça devient intéressant pour les profils atypiques. Un développeur web peut très bien s’improviser photographe le week-end, tout comme un consultant peut vendre des produits en ligne. Ces activités n’ont absolument pas besoin d’avoir de lien logique.

Dans les faits, vous aurez une activité principale qui génère le gros du chiffre d’affaires. Les autres seront considérées comme des activités secondaires.

Une seule micro-entreprise, plusieurs casquettes

La flexibilité de ce statut est franchement sous-estimée par beaucoup d’entrepreneurs. Vous pouvez mixer des activités de natures totalement différentes sans que l’administration ne vous bloque. Toute la gestion se fait au sein de la même entité, ce qui simplifie vos démarches.

Concrètement, le champ des possibles est vaste tant que vous restez dans les clous. Voici les grandes familles que vous pouvez marier au sein de votre structure :

  • Activités commerciales : achat et revente de marchandises, vente de denrées à consommer sur place.
  • Activités artisanales : fabrication, transformation, réparation ou prestations de services relevant de l’artisanat.
  • Activités libérales : prestations intellectuelles, techniques ou de soins (consultants, formateurs, etc.).

Comment ajouter une activité secondaire : la démarche

Attention, l’ajout d’une nouvelle corde à votre arc n’est pas automatique. Vous devez impérativement le déclarer officiellement pour être en règle. Cette démarche est considérée comme une modification d’activité sur votre dossier existant et non comme une nouvelle création d’entreprise.

La procédure a évolué et tout se passe désormais en ligne sur le site du Guichet Unique de l’INPI. Connectez-vous simplement à votre espace, filez dans la section « modifier mon entreprise » et déclarez l’adjonction d’activité. C’est une formalité administrative obligatoire.

avis de situation sirene avoir plusieurs micro entreprises

Cumul d’activités : le casse-tête des plafonds et cotisations

Les plafonds de chiffre d’affaires : une règle à ne pas ignorer

Beaucoup pensent que cumuler deux activités permet d’additionner les plafonds de chiffre d’affaires. C’est l’erreur classique du débutant qui coûte cher. En réalité, votre micro-entreprise reste soumise à une limite globale unique.

Si vous créez votre activité en cours d’année, les plafonds de chiffre d’affaires sont ajustés au prorata temporis. Un oubli qui peut vous faire basculer hors du régime micro.

Plafonds de Chiffre d’Affaires 2025 en cas d’Activité Mixte
Nature de l’activitéPlafond global de CA à ne pas dépasserDont plafond pour les services
Activité de vente de marchandises (BIC) uniquement188 700 €N/A
Prestations de services (BIC/BNC) uniquement77 700 €77 700 €
Activité mixte (Ventes + Services)188 700 €77 700 €

Retenez bien que le dépassement de ces seuils deux années de suite entraîne la sortie du régime micro.

Calcul des cotisations sociales : comment ça marche ?

Rassurez-vous, l’administration ne mélange pas tout dans un grand pot commun. Chaque activité conserve son propre taux de cotisation spécifique. L’URSSAF applique le pourcentage correspondant à la nature réelle du revenu.

Concrètement, lors de votre déclaration mensuelle ou trimestrielle, vous devez ventiler votre chiffre d’affaires. Le formulaire présente des lignes distinctes pour le CA « Ventes » et le CA « Prestations de services ». Vous remplissez simplement les cases correspondantes.

Le calcul des charges sociales se fait proportionnellement au CA de chaque catégorie. Un bon suivi est donc indispensable, c’est la base pour gérer la comptabilité de sa micro-entreprise.

Et la TVA et la CFE dans tout ça ?

Les seuils de franchise en base de TVA suivent une logique similaire aux plafonds de CA. Le cumul d’activités ne double pas les seuils de TVA, c’est un piège fréquent. Vous devez respecter les limites spécifiques à chaque type de revenus.

Pour la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), c’est plus simple. Vous ne paie qu’une seule CFE, même avec plusieurs activités. Le calcul de la cotisation foncière dépend de l’adresse de domiciliation.

Gestion administrative : SIRET, code APE et déclarations

Les chiffres, c’est une chose. Mais qu’en est-il de l’identité même de votre entreprise ? Le cumul d’activités a aussi un impact sur vos identifiants administratifs.

Un seul SIRET, un seul code APE : la règle de base

Vous pensiez avoir deux numéros pour deux jobs ? Impossible. La règle est stricte : une personne physique égale une seule entreprise individuelle. Vous gardez donc un seul SIREN et un seul SIRET pour votre établissement principal.

Même logique pour votre étiquette administrative. Le code APE (Activité Principale Exercée) reste unique. L’INSEE le détermine selon l’activité qui génère le plus gros chiffre d’affaires. C’est cette activité dominante qui définit votre identité officielle aux yeux de l’État.

Ne paniquez pas si ce code ne couvre pas tout. Il a surtout une valeur statistique pour l’INSEE, sans bloquer vos autres encaissements.

Que se passe-t-il si mon activité secondaire devient principale ?

C’est le scénario classique : votre « petit projet » explose et dépasse votre métier de base. Si votre activité secondaire commence à générer plus de revenus que la principale de manière durable, vous ne pouvez pas rester les bras croisés.

La procédure est identique à une adjonction d’activité. Vous devez filer sur le Guichet Unique pour déclarer une modification et inverser officiellement vos activités.

Cette démarche entraînera une mise à jour automatique de votre code APE par l’INSEE. Il collera ainsi à votre nouvelle réalité économique, mais votre SIRET, lui, ne bougera pas d’un pouce.

  • ❌ Interdit : Impossible de détenir deux micro-entreprises, c’est une seule par personne physique.
  • 🔄 Solution : Vous pouvez cumuler plusieurs activités distinctes au sein de votre unique structure.
  • 🏢 Montage avancé : Le cumul micro-entreprise et société (SASU) est possible sous conditions.
  • ⚠️ Vigilance : Attention aux clauses d’exclusivité avant de vous lancer.

Les alternatives quand la micro-entreprise ne suffit plus

Si le cadre de la micro-entreprise unique vous semble trop étroit, des montages plus complexes existent.

🏢 Cumuler micro-entreprise et société (SASU, EURL)

L’alternative la plus solide consiste à cumuler une micro-entreprise et une société. C’est légalement possible car les entités diffèrent : la micro-entreprise est une personne physique, alors que la société (SASU, EURL) est une personne morale. Vous pouvez donc être micro-entrepreneur tout en dirigeant votre société, avec deux SIREN et fiscalités distinctes.

⚠️ Les conditions et les pièges à éviter

Attention, vos activités doivent être clairement séparées pour éviter l’abus de droit. Le vrai blocage vient souvent du statut social :

  • Gérant majoritaire de SARL : Vous êtes TNS, un régime incompatible avec la micro-entreprise.
  • Président de SASU : En tant qu’assimilé-salarié, le cumul est parfaitement autorisé.
  • Gestion lourde : Ne sous-estimez pas la charge d’une double comptabilité et de déclarations multiples.

💼 Et le cumul avec un emploi salarié ?

C’est fréquent pour tester une idée sans risque. Le cumul est autorisé, mais lisez bien votre contrat. Le devoir de loyauté est absolu, et une clause d’exclusivité ou de non-concurrence pourrait stopper net votre projet. Vérifiez avant de foncer.

En résumé, impossible d’avoir plusieurs micro-entreprises : c’est une seule structure par personne ! Mais pas de panique, tu peux tout à fait cumuler les casquettes sous le même SIREN.

L’essentiel est de bien surveiller tes plafonds de chiffre d’affaires pour rester dans les clous. Alors, prêt à diversifier tes activités en toute légalité ? 🚀

FAQ

Est-ce que je peux avoir deux micro-entreprises ? 🚫

Non, c’est impossible ! La règle est stricte : une personne physique ne peut posséder qu’une seule entreprise individuelle. Tu as un seul numéro SIREN qui t’identifie auprès de l’administration. Avoir deux micro-entreprises reviendrait à te cloner juridiquement, ce qui n’est pas encore au programme !

Si tu essaies de créer une seconde structure, l’URSSAF s’en rendra compte et bloquera la création ou radiera la précédente. Par contre, tu peux tout à fait regrouper plusieurs activités différentes sous ce même numéro SIREN.

Puis-je cumuler plusieurs activités (même 3 !) avec mon statut ? 🤹

Absolument ! Rien ne t’empêche d’être développeur web le jour, prof de yoga le soir et vendeur de bijoux le week-end. C’est la grande souplesse du régime : tu peux exercer des activités commerciales, artisanales et libérales au sein de la même micro-entreprise.

Tu devras simplement désigner une activité principale (celle qui rapporte le plus) et déclarer les autres comme secondaires. Attention toutefois, certaines activités réglementées ou agricoles ne sont pas compatibles.

Comment déclarer une deuxième activité en ligne ? 💻

Pas besoin de créer un nouveau compte ! Tout se passe sur le site du Guichet Unique de l’INPI. Tu dois te connecter à ton espace et effectuer une formalité de « modification d’entreprise » (et non de création).

Il te suffit de sélectionner l’option d’adjonction d’activité et de renseigner les détails de ton nouveau job. C’est une démarche administrative obligatoire pour être dans les clous vis-à-vis de l’administration fiscale et sociale.

Qu’est-ce qui change pour les plafonds en 2025 ? 📅

Pour 2025, les plafonds de chiffre d’affaires à ne pas dépasser restent fixés à 188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services. Si tu cumules les deux, tu ne peux pas dépasser 188 700 € au total, à l’intérieur duquel la part de services est limitée à 77 700 €.

Garde aussi un œil sur la TVA ! Les seuils de franchise sont distincts (environ 93 500 € pour la vente et 41 250 € pour les services). Si tu dépasses ces montants, tu devras facturer la TVA, même si tu restes en micro-entreprise.

Puis-je avoir une micro-entreprise et une autre société en même temps ? 🏢

Oui, c’est une excellente alternative si tu veux séparer tes projets ! Tu as le droit d’avoir une micro-entreprise (personne physique) et d’être président d’une SASU ou gérant minoritaire d’une SARL (personne morale).

Mais attention au piège : si tu es gérant majoritaire d’une SARL, tu es considéré comme Travailleur Non Salarié (TNS), tout comme en micro-entreprise. Le cumul est alors interdit car tu ne peux pas cotiser deux fois à la même caisse pour le même statut.

Retour en haut